Avant la SNCB
Avant le chemin de fer
Comme dans de nombreux pays d'Europe, un réseau de malle-postes et une traction chevaline. La vitesse moyenne y est de 18 km/h et les routes sont déjà celles qui feront les nationales plus tard, en radiales de et vers Paris. Les guerres napoléoliennes mettent la France en léger retard par rapport aux pays voisins qui disposent dès 1820-1830 d'une ébauche de chemin de fer.

1814
Un ingénieur en chef des Mines, Pierre Michel Moisson-Desroches adresse à Napoléon un mémoire intitulé : Sur la possibilité d'abréger les distances en sillonnant l'empire de sept grandes voies ferrées. Ce mémoire centrait sur Paris  sept voies ferrées qui jetera, plus tard, les bases du centralisme ferroviaire...

1827 : premières lignes
La ligne de Saint-Étienne - Andrézieux de 23 km est concédée pour le transport de houille. Cette ligne est la première d'Europe continentale mais la traction des wagons est encore réalisée par des chevaux. Elle sera suivie par la concession de la ligne Saint-Étienne à Lyon, 58 km, aux frères Seguin ; la ligne fut ouverte de 1830 à 1832, à traction chevaline, et devient la première ligne de voyageurs payants en 1831. Vient ensuite la ligne d'Andrézieux à Roanne (Coteau), 67 km, ouverte de 1832 à 1833 toujours pour le transport de houille et en traction chevaline.

24 août 1837
Cette date marque le véritable premier chemin de fer à traction autonome non-chevaline. Il s'agit de la ligne Paris - Saint-Germain-en-Laye conçue, à l'inverse des précédentes, uniquement pour le transport de voyageurs et exploitée à l'aide de locomotives à vapeur. Le chemin de fer français est né...

La marque Legrand
Baptiste Alexis Victor Legrand est un homme politique français (1791-1848). À la Chambre des députés, Alexis Legrand participa à toutes les grandes discussions concernant les routes, les canaux, les postes et les chemins de fer. C'est à lui que l'on doit les lois de 1833 et 1841 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique, ainsi et surtout que celle de 1842 sur l'établissement des grandes lignes de chemin de fer, reprenant l'idée soumise en 1814. C'est sous son administration que fut tracé, après de longues et difficiles discussions devant les Chambres, le réseau des grandes lignes de chemin de fer, connu dorénavant comme la fameuse Etoile de Legrand.

1842
Une loi relative à l'établissement des grandes lignes de chemin de fer du 11 juin 1842 établit le régime des chemins de fer en France, créant un modèle original de partenariat public-privé. L'État devient propriétaire des terrains choisis pour les tracés des voies et finance la construction des infrastructures (ouvrages d'art et bâtiments). Il en concède l'usage à des compagnies privées qui construisent les voies ferrées et les installations annexes, investissent dans le matériel roulant et disposent d'un monopole d'exploitation sur leurs lignes. L’État offre donc la concession, mais il impose les parcours et les conditions d’établissement. Concrètement, le pouvoir ferroviaire est détenu par les ingénieurs des Ponts et Chaussées. Cela restera la marque de fabrique du chemin de fer français jusqu'à nos jours...

1859
Une convention Etat-Compagnies réparti le réseau ferré dans six compagnies.


Dans l'intervalle, des grandes lignes ferroviaires sont mises en service par étapes : 
1840-1843 : Paris - Orléans
1840-1865 : Paris - Chartes - Rennes - Brest
1841 : Strasbourg - Mulhouse - Bâle (Suisse), première liaison internationale
1843-1852 : Avignon - Arles - Marseille (ce n'est pas encore le PLM...)
1841-1864 : Bordeaux - Biarritz - Irun (Espagne)
1846-1859 : Paris - Creil - Arras - Lille
1847-1855 : (Paris) - Creil - St Quentin - Jeumont - (Belgique)
1847-1856 : extension Orléans - Vierzon - Limoges
1849-1851 : Paris - Melun - Dijon
1849-1852 : Paris - Noisy - Epernay - Nancy - Strasbourg
1849-1854 : Dijon - Châlon s/Saône - Lyon (Vaise)
1849-1856 : Lyon - Avignon, le tracé intégral Paris - Marseilles est disponible
1853 : extension Orléans - Bordeaux pour un Paris - Bordeaux intégral
1855-1858 : Paris - Mantes - Cherbourg
1858-1864 : Marseilles - Toulon - Cannes - Nice
1859 : Metz - Luxembourg (1855 ouverture Luxembourg - Namur - Bruxelles...)
1864 : Limoges - Brive - Périgueux - Toulouse, pour un Paris - Toulouse intégral
1872 : Nice - Monaco - Vintimille, permettant un Paris - Côte d'Azur intégral
.....

1870
Une partie de l'Alsace passe sous régime allemand : on roule à droite...

1879
Le plan Freycinet est un ambitieux programme de travaux publics du nom du ministre des travaux publics Charles de Freycinet, qui prévoit un programme de travaux destiné à porter le réseau ferré d'intérêt général de 29 600 kilomètres environ (dont 21 300 en exploitation) à 38 300. 

1883
Adoption d'une loi portant approbation des conventions avec les six grandes compagnies :  (Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée, Compagnie d'Orléans, Compagnie du Midi, Compagnie du Nord, Compagnie de l'Est, Compagnie de l'Ouest).

1900 : l'électricité arrive...
Outre sur la première ligne de métro à Paris, l'électricité ferroviaire fait une première apparition : 650V sur Paris Invalides - Issy les Moulineaux et caténaire 1500V entre les gares d'Orsay et Austerlitz. En 1909, la Compagnie du Midi expérimente 6 sortes de caténaires et entame une période intensive d'électrification du réseau avec des travaux sur les voies, la création d'ouvrages hydroélectriques pour la production de l'énergie électrique, et la création d'un réseaux de transport de cette énergie.

1920
Imposition définitve du courant continu 1500V par le gouvernement. De 1918 à 1921, arrivent sur le P.O. le "dispatching system" (commande centralisée) ainsi qu'un premier test de signal automatique.

Peu avant 1937, le paysage ferroviaire de France se compose des compagnies Nord, Est, PO Midi, PLM, auxquelles s'ajoutent les Syndicats du Chemin de fer de Grande Ceinture et de Petite Ceinture et les deux administrations nationales, les chemins de fer d'Alsace-Lorraine et le Réseau de l’État.