2013 : janvier noir et foire totale !
Avec un taux de régularité de 50% en moyenne, il n'a pas fallu être grand clerc pour constater que la fiabilité du matériel italien ne répondait pas aux exigences espérées et contractualisées. Depuis six semaines, en dépit d'une accumulation de déboires, les portes-parole des deux réseaux respectifs chantonnaient l'aspect temporaire et "défaut de jeunesse" du nouveau service. Mais dans la semaine du 14 janvier 2013, la neige tomba et l'Europe grelota sous les -8 à -12°C, compactant la neige en glace. Le mercredi 16 janvier, des chocs dû à des déplacements de glace lors du passage à 250km/h entraînèrent la limitation à 100km/h des rames V250. Le lendemain 17 janvier, trois des septs rames sont déclarées hors services car les bas de caisse sont endommagés. Le service, devenu ingérable, est alors entièrement suspendu. Le vendredi 18 janvier est à marquer d'une pierre noire : l'agence belge de sécurité SSICF, compétente pour les permis d'exploiter, fait état de la découverte d'une tôle le long d'une des lignes du gestionnaire Infrabel. Illico, l'agence décrête la suspension provisoire du permis d'exploiter sur toutes lignes belges jusqu'à l'obtention d'une solution (2).
Ci-dessus le message laconique sur le site belge d'information ferroviaire Railtime, le vendredi 18 janvier 2013. La météo est glaciale et la neige congelée. Pour Fyra, l'enterrement est proche...
Au soir de ce vendredi noir et le samedi, les réseaux sociaux et les médias s'emparèrent de l'affaire qui remonta jusqu'aux sommets des Etats concernés. Dans l'après-midi, l'éventualité d'une suspension de la commande des rames restantes prenait corps aux NS et était "à l'étude" à la SNCB, cette dernière devant disposer de quatre exemplaires non encore livrées. Les foudres du Benelux atteignaient rapidement les oreilles de la firme italienne qui communiquait ses excuses le soir même et dépêchait illlico une quarantaine de techniciens pour résoudre l'infernale équation.

Dans l'intervalle, les Fyra intérieurs hollandais, toujours tractés par des TRAXX Bombardier, conti-nuaient leur service vaille que vaille. Sur le site de l'exploitant, la partie internationale Amsterdam-Bruxelles mentionnait un trajet en 3 étapes où, pour €36.00, il était possible de rallier les deux villes en 3h35 ! Sérieux coup dur avec deux changements de trains (trois le week-end) et un temps encore plus allongé qu'à l'époque des Benelux "Prio". D'aucuns ont d'ailleurs demandé la remise en service de ce train dont les voitures sont toujours sagement garées. La possibilité de remise en service des Benelux supposa dès lors de relouer dare-dare les Traxx restitutées à Angel Train et de rééquiper celles qui avaient été substituées à B-Logistics. Un beau casse-tête de chaise musicale ferroviaire... 
Ci-dessus plan d'urgence de NS-Hispeed et ci-dessous, quand la presse s'empare de l'affaire....
(2) Voir la chronique de Mediarail.be sur ces heures noires du Fyra