Moscou - Nice : histoire d'une renaissance
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Jusqu'à la Belle Époque
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Nice : une histoire déjà russe au XIXème siècle 
Vers 1880, la destination française la plus attractive pour les touristes russes est Paris, comme on l'a vu précédemment. Au tournant du XXe siècle, les deux pays sont alliés, et un autre pôle touristique naît au Sud de la France, très visité par le touriste russe. C’est la Riviera, le littoral français de la Méditerranée, qui donne une autre image de France, des loisirs et de l’aristocratie. Les touristes russes y apparaissent dès le milieu du XIXe siècle, à partir de l’installation de la cour impériale russe à Nice. L'influence des Russes par le chiffre et par la distinction de leurs représentants grandit lorsque Nice accueille, pendant les deux hivers 1856-57 et 1859-60, l'impératrice douairière veuve de Nicolas I, puis, pendant l'hiver 1864-65, sa bru, la femme d'Alexandre. La vie quotidienne des riche familles reste à écrire. Pour meubler ses journées de désœuvré, Nice a enrichi la panoplie de ses distractions, ajoutant aux cercles et aux réceptions intimes les établissements de jeux, les fêtes et les divertissements collectifs. La Côte d'Azur est désormais le rendez-vous mondain de toute l'Europe, et plus tard de la planète. 

Hier
Aujourd'hui
Une voie ferrée 
La Riviera possède déjà sa ligne côtière puisque le trajet complet Paris-Menton est possible dès 1872, passant par les lieux célèbres que sont Cannes, Nice et Monte-Carlo (plus tard Monaco). La création des express, des rapides, des trains de luxe « Méditerranée-express », «-London-Riviera », «-Calais-Nice-», «_Vienne-Cannes-», composés de wagons-lits et de wagons-restaurants, offrait les facilités les plus séduisantes aux oisifs en quête de distractions et aux malades avides de soleil.  
 
L'élite viennoise et la noblesse de l'Empire des Habsbourg aimait aussi visiter la Côte d'Azur. Depuis 1895, un train géré par la Compagnie des Wagons-lits nommé «-Wien-Nizza-Cannes Express-» circulait tous les jours de l’hiver. La popularité de la côte auprès des riches familles russes entraîna dès 1897 l’origine du train à Varsovie, où se côtoyaient les voies larges russes et les voies standards européennes. Le train «
_Saint-Pétersbourg-Vienne-Nice-Cannes-express-» n’était donc que du pur marketing, puisqu’il fallait changer de train à Varsovie. Il n’empêche qu’en raison de l'utilisation fréquente du train par les grands-ducs russes et les archiducs Habsbourg, ce « Nice Express » a été connu comme étant le Train des Grand-Ducs. Comme chacun le sait, les heures sombres de l'Europe arrêteront définitivement l'aventure russe dès la première guerre mondiale, puis, le changement de régime politique de la Russie dès 1917...

Demain
Années 2000 : la nouvelle Russie de Vladimir 
Les années après la chute du Mur de Berlin en 1989 ont été agitées dans l'ex Union Soviétique, qui retrouve son nom de Russie et réhabilite l’ancienne Stalingrad en Saint-Petersbourg. Les tsars seraient-ils de retour ? Pas vraiment. L’ancienne aristocratie n’est plus mais une nouvelle élite fortunée se fait jour dans ce pays où tous les coups semblent permis. Le réinvestissement des russes sur la Côte d’Azur est croissant. Le Negresco, un célèbre palace niçois implanté sur la Promenade des Anglais depuis 1913, fût jadis un refuge pour les Russes fuyant les horreurs de la Révolution. Aujourd'hui, son directeur général confirme que 80% de sa clientèle est...russe.
Ci-dessus : affiche d'époque et un contraste saisissant de la promenade des Anglais quelque part vers 1900...
Année 2010 : naissance d'un nouveau train 
Est-ce cela qui a donné l’idée aux RZD, les vénérables chemins de fer russes, de remettre en selle un authentique Moscou-Nice ? Difficile de le dire. Au pays du Transsibérien, les russes sont plutôt des habitués des trajets longs. Mais c'est surtout la politique des RZD qui est intéressante à suivre. Alors que les voitures-lits directes s'effacent de plus en plus sur les lignes d’Allemagne et de Paris, pour les Russes, cette desserte s'inscrit dans un plan plus large visant à renforcer leurs lignes continentales. 
Il ne s’agit pas cette fois de deux ou trois voitures-lits cabotant au fil des pays en queue de trains nationaux, mais bien d’un train complet de voitures-lits dernier cri avec voiture-restaurant. Pas de changement à la frontière russe, puisqu'on reprend le même principe d'échange de bogies à Brest, à la fontière avec la Pologne, pour passer de l'écartement russe au standard européen.  
 
Le jeudi 30 septembre 2010, le premier Moscou-Nice quittait la gare de Moscou Belorusskaja avec à son bord une centaine de voyageurs, qui arrivèrent à Nice le samedi 2 octobre en fin d'après-midi, après un premier voyage effectué en près de 53 heures...
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